vivre à Valence et au bord du Rhône – Le mag #2

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30 avril 2017 totocherry
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Betty Bonnel, couturière

Le sens de la création et du partage

« J’ai trouvé mon équilibre de vie dans l’artisanat, la création. »

Jamais très loin d’un patron de couture, les mains toujours occupées par un feutre à tissu ou ses lunettes XXL, Bety bonnel a le regard franc et le sourire généreux de ceux qui tracent naturellement leur sillon. Ancienne élève aux Beaux-arts de valence, spécialisée dans la vidéo et les installations, cette maman poule hyper active, qui décline le quotidien au couleurs vinyles (« rock, punk-rock, électro-rock ») a d’abord enseigné pendant dix ans en collège et lycée, avant de franchir le pas (2008) et de faire de sa passion – la couture-son métier : « J’ai trouvé mon équilibre de vie dans l’artisanat, la création. » Chez ma grand-mère, il y avait toujours une machine à coudre sortie sur la table. À 10 ans, je fouillais déjà dans son grenier pour récupérer des tissus, les recouper, les réutiliser. J’ai continué à imaginer… » Ses toutes premières créations sont des poupées-bouillotes apaisantes, en noyaux de cerises.  » Elles avaient une tête de Toto, avec de grands yeux enfantins, un peu naïfs. » Suivront des jupes trapèzes, robes d’enfants et vestes blazer aux motifs old school, japonais, mexicain, graphique…

L’aventure est lancée

En 2009, elle fonde l’association Les Mouchettes en référence aux héroïnes des dialogues d’Audiard) et organise un premier marché de créateurs au Mistral Palace, salle de concert aux allures de London Calling au cœur Valence. Un marché en musique live forcément !  » Je voulais exposer mais pas toute seule. Rencontrer d’autres créateurs et , surtout, montrer des savoir-faire, créer une dynamique de groupe.  » Voilà qui définit bien la dame : l’envie de partager, de « faire ensemble ». On sent chez Betty Bonnel une curiosité de l’autre bienveillante et inaltérable. Comme si elle avait le don de créer une famille artistique autour d’elle. et de vous emmener dans son univers, un peu mystique, un peu profane, où les Clash et Frida kalho auraient donné rendez-vous aux héros des comics américains pour échanger bons plans de concert et derniers coups de cœur en matière de mode et de déco.

 » Un lieu ouvert »

Après cinq années au sein des Mouchettes, la valentinoise s’est posée dans sa propre boutique, Totocherry factory, en 2014 : « Pour avoir un lieu à moi qui soit ouvert sur la ville et sur les autres. Et casser le coté solitaire du travail de l’atelier. Cela avait aussi du sens : pouvoir donner une vitrine permanente à mon travail et aux créateurs que j’aime.  »

Ici, la moitié des créateurs sont Drômois, dont 30% valentinois. Une proximité à laquelle Betty Bonnel tient beaucoup. « Je les connais tous très bien et peut donc en parler personnellement aux clients ! » sourit-elle en sortant spontanément des dizaines de cartes de visites. L’esprit de famille, la générosité. Encore et toujours.

Fan de Naples et Palerme

« Mon dernier coup de cœur ?

Les villes de Naples et Palerme. il y a là-bas un rapport au kitch, à la religion, à la superstition qui me fascine. Et en même temps, cette spontanéité et cette effervescence qui rendent la ville si joyeuse. » Betty Bonnel a ce don de vous faire partager son univers foisonnant, à mi-chemin entre une piste de dans de rockabilly et quelques autels Calavera (crânes mexicains).

Texte Stéphanie  Scaringella -Photo Pierre Deval

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